"Pas de problème"... Hélas si !

 

J’entends souvent des gens dire «pas de souci» ou «pas de problème». C’est la mode. Souvent, ils le disent à la place de «ça marche !», «c’est ok», «ça sera fait» ou simplement «oui». S’ils le disent une fois exceptionnellement, ce n’est pas grave. Mais si cela devient un tic de langage, je m’inquiète : ils sont en train de s’auto-hypnotiser dans l’échec. Vous en doutez ? Lisez donc la suite…

 

Mécanisme de l’échec

 

Notre subconscient est incapable de comprendre les expressions négatives. Si je vous demande de ne pas penser à un éléphant – à tout ce que vous voulez mais surtout pas à un éléphant ! –, aussitôt le pachyderme envahit votre esprit. Et si vous vous donnez l’ordre d’arrêter de fumer («arrêter» étant un verbe d’action négative), seul le mot «fumer» vous hante et il devient quasiment impossible d’arrêter dans ces conditions. Comme je l’ai écrit dans l’article «la nouvelle écriture», pour arrêter de fumer, il est préférable de visualiser le résultat séduisant et se dire : «je vais raffermir mon cœur, améliorer mon souffle, etc.».

 

Avec l’expression «pas de problème» répétée à longueur de temps, seul le mot «problème problème problème» s’inscrit dans le cerveau, façon méthode Coué.

 

Quand je passe une commande au café et que le serveur me répond «pas de problème», je prévois un contretemps, un café froid ou une bière éventée… ce qui ne manque pas d’arriver. Je renvoie alors ma commande – à condition de ne pas être pressé...

Pas plus tard que la semaine dernière, au téléphone, je demande à une standardiste de me passer Untel. «Pas de problème !», dit-elle ; et je tombe sur la tonalité «occupé», comme si elle venait de raccrocher.

C’est quasiment systématique, cet affreux tic de langage produit exactement le contraire de ce qu’il annonce !

 

Prévenir ou guérir ?

 

Un ami provocateur prend plaisir à violenter la personne qui laisse échapper un «pas de problème». Il réplique avec un soupçon d’agressivité : « Pourquoi parlez-vous d’un problème ? Vous voyez un problème ? Oubliez ce que je vous ai demandé, je ne veux pas de problèmes ! ». Il est persuadé de vacciner l’autre de cette façon. Il a peut-être raison… Moi, je ne dis rien… jusqu’à ce que le problème survienne. Car c’est un fait : il survient très souvent.

 

Vérifiez par vous-même et dites m’en des nouvelles. Que vous est-il arrivé la dernière fois que quelqu’un vous a annoncé une absence de problème ? Et avez-vous un truc pour remédier à la situation ?

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Commentaires

  • Garance (mardi, 19. mai 2015 20:01)

    Ton article, une prise de conscience… Peu de personnes se rendent compte de leurs tics de langage. Une moquerie, une remarque peuvent parfois modifier notre mode d'expression. "En fait", je
    commençais souvent mes phrases ainsi comme pour gagner du temps face à mon interlocuteur. En m'écoutant parler, j'ai pu me corriger.
    Merci Jérôme

  • Jérôme Duez (mardi, 19. mai 2015 22:58)

    Bonjour Garance,

    Oui "effectivement", "j'avoue", les tics sont nombreux. "Du coup", une fois certains chassés, d'autres les remplacent, "en fait".

    Des comiques sont forts pour les dénoncer. Après "Le Père-Noël est une ordure", personne n'a plus dit "C'est c'la oui…".

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